palestine-child.jpg   Palestinian Girl en route to School Below is an extract from a report sent to Teachersolidarity by a young person working with Palestinian school children in the West Bank "Every day in order to get to school children have to present themselves at the village checkpoint in An Nu'mman - a village of some 200 inhabitants. Even though the village has been considered to be a part of the muncipality of Jerusalem since 1967, the Israeli authorities refuse to give the villagers a Jerusalem pass. It is for this reason that the villagers are considered to be 'people living illegally in their houses'. "The people who don't live in the village - friends, relatives, ambulances, doctors - don't have the right to enter the village. There is no school in the village so the children have to pass the checkpoint every day where they have to put up with harassment, teasing and humiliation from the soldiers. Two young school children could bear witness to this. Samar aged 12 had a sub-machine gun  pointed at her temple for 5 minutes a few weeks ago and Wael aged 15 is regularly undressed by the soldiers. The children are used to this now and can even joke about it, 'if nothing happens then it's not a normal day!'" The report is reprinted at the end of this article in full in French. Meanwhile the Palestine section of Defence for Children International (DCI) has issued a report detailing sworn statements from 100 children aged between 13 and 16 who have suffered attacks ranging from beating and blindfolding to in 14 cases actual or threatened sexual assault at the hands of Israeli soldiers, interrogators and police over the last year. « Lorsque les soldats ne nous font rien au check point ce n’est pas normal »  ce sont les paroles de la jeune Samar jeune fille du village de An Nu’mman.

Tous les jours, les enfants pour se rendre à l’école doivent traverser le check point (point de contrôle) situé à l’entrée du village. An Nu’man  est un village d’environ 200 habitants. Bien que le village soit considéré comme appartenant à la municipalité de Jérusalem depuis 1967, les autorités Israéliennes refusent  d’accorder aux habitants une carte d’identité stipulant qu’ils appartiennent à la municipalité de Jérusalem. C’est pour cette raison que les habitants de ce village sont considérés comme étant « des personnes habitant illégalement dans leur maisons ».

Les personnes n’habitant pas ce village (familles, amis, médecins, ambulances) n’ont pas accès a ce village et n’ont pas le droit d’y entrer.

Le village est isolé, ses habitants subissent l’intimidation et les différentes formes d’ harcèlements régulièrement de la part des soldats contrôlant la frontière entre le village et la route qu’empruntent les habitants de la colonie de Har Homa. L’idée est de les faire partir petit à petit           

Il n’y a pas d’école dans le village, les enfants doivent donc tous les jours passer par le Check point (point de contrôle), là ou pour la plupart du temps ils subissent les taquineries, les harcèlements et les humiliations des soldats.

Deux jeunes adolescents ont pu témoigner : Samar 12 ans a eu une mitraillette pointée sur sa tempe pendant 5 minutes, il y a quelques semaines lors d’un passage au check point, et Wael 15ans  est régulièrement entièrement déshabillé par les soldats. Les enfants rigolent en nous racontant cela, « pour nous c’est normal on les connait maintenant, si il ne se passe rien au check point ce n’est pas normal ! »

Nous avons donc suite à ces témoignages décidé de montrer notre présence plus régulièrement au Check point d’An Nu’man. Lorsque les enfants reviennent de l’école nous restons aux alentours. Il est évident que nous ne sommes pas les bienvenus, les soldats  nous font comprendre que nous n’avons rien à faire ici. 

Nous avons contacté Efrat une Israélienne activiste qui  est bénévole pour une organisation Israelo Palestinienne appelée Ta’ayush  www. Taayush.org   (ce qui signifie « vivre ensemble »). Elle nous a accompagné en voiture, au check point le soldat n’était pas content en voyant qu’elle était Israélienne (les Israéliens n’ont pas le droit d’entrer en Cisjordanie) « c’est la Cisjordanie ici, vous n’êtes pas autorisé à entrer » Efrat réplique « ah  bon ? Je pensais que selon les lois Israéliennes c’était encore Jérusalem ici ». Le soldat énervé nous a pris nos passeports, nous voyions  Efrat et le soldat s’énerver.

 Après 25 minutes d’attente le soldat nous a rendu nos passeports. En allant au village, Efrat m’a dit « Je peux dire par les mots qu’il utilisait qu’il est complètement raciste, si il se comporte comme cela avec moi qui suis Israélienne je n’ose même pas imaginer son comportement avec les enfants ».

  

                                  

Nous avons eu l’idée de monter un atelier de travaux manuels avec les enfants du village. Le but de cet atelier d’art est de faire bénéficier les enfants d’une activité plaisante, un espace où ils peuvent se détendre passer un bon moment. Un lieu où ils peuvent s’évader de leur quotidien parfois traumatisant. L’intérêt est que a travers  cet atelier les enfants puissent nous identifier, avoir confiance en nous et savoir que si nous sommes au check point nous sommes de leur coté, qu’ils peuvent compter sur nous et témoigner de ce que les soldats leur font subir.

     

L’atelier d’artisanat est un réel succès, les enfants sont ravis et en redemandent chaque semaine. Lors du premier atelier les enfants étaient tous autour de nous, l’un d’entre eux m’a dit avec le peu d’anglais qu’il avait «  Please, come back every day !!» (« S’il vous plait revenez tous les jours »).

Pour moi la joie de ces enfants  c’est une petite lueur d’espoir, de joie et beauté dans cette situation si difficile, une petite goutte d’eau dans l’océan.

Ecrit par Hannah BENKEMOUN (photos Stefan Olson)